Jeudi 7 janvier 1988: La crise de l’hélicoptère: course entre la dégradation et le règlement à l’amiable (L’Orient-Le Jour)

Discours et Textes

Ce n’est certainement pas bon signe: deux cargos soviétiques ont précipitamment quitté hier en fin de matinée le Port de Beyrouth, à la demande de l’ambassade, suivis par cinq autres bâtiments, dont un roumain, la psychose gagnant du terrain, comme on s’en doute, dans les cercles maritimes après la menace du PSP de contre bloquer le littoral de l’Est, en riposte au blocus imposé à son propre rivage par l’armée, suite à son refus de restituer le Gazelle détourné par le lieutenant Maged Karamé.

Pour ajouter à la confusion, les FL installées au Port ont tiré sur deux hélicoptères à la DCA, avant de s’apercevoir qu’ils appartenaient à la FINUL – qui ne s’est aperçue de rien, du reste – ce qui a fait courir la rumeur que les installations portuaires avaient été bombardées. Sur cet incident marginal, une source des FL a rappelé qu’elles avaient, le jour même du détournement du Gazelle, signalé à tous les utilisateurs d’hélicoptères que le survol des régions Est est prohibé sans coordination préalable avec elles, pour prévenir tout raid-surprise de l’appareil volé.

L’affaire oscille donc en réalité entre la dégradation généralisée, aux conséquences incalculables, et un règlement à l’amiable, qui jusqu’à présent bute sur l’intransigeance des deux parties concernées. En effet, le commandement de Yarzé répète à l’ envi qu’il ne veut discuter de rien avant la restitution de l’hélicoptère; tandis qu’inversement le PSP n’accepte désormais de négocier qu’après la levée du blocus militaire frappant le littoral du Chouf. Dans ce contexte, et pour bien marquer sa détermination, le leader progressiste doit donner une réception dimanche à Moukhtara en l’honneur du lieutenant Karamé.

Cependant, les médiateurs ne désespèrent pas, car la Syrie, autant que les occidentaux, conseille la retenue et ils excluent donc tout dérapage irrémédiable sur le terrain. Partant de là, le président Sélim el-Hoss a directement pris contact avec le général Michel Aoun pour souligner la nécessité d’une solution rapide afin d’épargner au pays un surcroît de tension et de secousses, ajoutant qu’il ne faut pas trop multiplier les conditions et les contre-conditions dans la délicate conjoncture présente. Le chef du gouvernement a semble-t-il transmis une suggestion inspirée de M. Nabih Berri, leader d’Amal, qui estime qu’on peut sauver la face de tous si l’on entrepose l’appareil quelques jours à la base aérienne militaire de l’AIB, pour réparation, que l’on considère dès lors qu’il a été dûment restitué et que le blocus du Chouf soit levé. Le général a refusé d’entendre parler de quoi que ce soit avant que le Gazelle ne regagne directement sa base de départ, Adma. Ce refus a été transmis par M. Hoss au PSP, qui a alors décidé de ne pas engager de pourparlers avant la levée du blocus, tout en précisant qu’il reste disponible à l’ouverture si Yarzé y met du sien.

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