Jeudi 20 octobre 1988 : En raison de l’impasse qui prévaut à tous les niveaux : Les milieux politiques n’excluent pas une escalade militaire : Les milices prosyriennes à l’Ouest auraient été mises en état d’alerte (L’Orient-Le Jour)

Discours et Textes

Le climat politique s’assombrit, à mesure que l’impasse s’installe. Alors même que l’intérêt du monde arabe pour la crise libanaise commence à croître, la morosité fait tache d’huile. De sources concordantes, aussi bien libanaises que diplomatiques, on commence à craindre une escalade militaire destinée à bouleverser l’équilibre des forces actuel, la crise libanaise étant enferrée en ce moment dans des querelles juridiques tout à fait insolubles et qui semblent, du reste, passées au second plan de l’actualité.

Les craintes exprimées de diverses sources ont été corroborées par une information rapportée par l’agence Reuter selon laquelle les milices pro-syriennes ont été mises à partir d’hier en état d’alerte, en prévision d’affrontements avec les FL et l’armée. Cette mobilisation est présentée par l’agence, qui cite une source proche des forces de sécurité, comme « une mesure préventive destinée à faire échec à une éventuelle aventure militaire qu’entreprendrait l’Est pour imposer de force sa solution à l’impasse constitutionnelle actuelle ». Elle reste symptomatique du climat ambiant, qui se crispe à mesure que les jours passent et que la fébrile activité diplomatique, laissant espérer un quelconque progrès dans le dialogue indirect, cède la place à un attentisme de mauvais aloi.

Des signes avant-coureurs d’une épreuve de force militaire sont perçus, par les milieux diplomatiques, dans la campagne de presse déclenchée à Damas et Beyrouth-Ouest contre l’Irak et le battage publicitaire qui a entouré les livraisons par l’Irak d’armes sophistiquées, dont des chars et des roquettes multitubes aux FL. Ces livraisons ont même valu, à l’Est, l’honneur d’une grève observée dans les régions contrôlées par l’armée syrienne.

Par ailleurs, pour une source de l’Est, la réunion qu’ont tenue, hier soir, les chefs du PSP et d’Amal, MM. Walid Joumblatt et Nabih Berri, à Damas, avec les responsables des partis nationaux ressemble fort à un état-major de crise qui déboucherait sur une décision difficile de caractère politico-militaire.

Un indice qui ne trompe pas : la livre libanaise a encore perdu 38 points, hier, par rapport à sa cote de mardi, face au dollar, clôturant à 510 LL et replongeant le pays dans le climat fou de fin 1987.

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