Geagea : Pourquoi Aoun n’a-t-il pas réagi au meurtre de Samer Hanna et à l’agression contre l’armée à Mar Mikhaël ?

Discours et Textes, Samir Geagea

Geagea : Pourquoi Aoun n’a-t-il pas réagi au meurtre de Samer Hanna et à l’agression contre l’armée à Mar Mikhaël ?

Le chef des FL s’exprimant devant les élus de Beyrouth. Photo Aldo Ayoub

Le chef des FL s’exprimant devant les élus de Beyrouth. Photo Aldo Ayoub

Le chef des Forces libanaises Samir Geagea a donné mardi soir un dîner à Meerab en l’honneur des députés et moukhtars d’Achrafieh et des membres du conseil municipal de Beyrouth en présence de journalistes et de personnalités de la société civile. M. Geagea a mis en relief à cette occasion, détails à l’appui, l’incohérence totale des positions passées et présentes de Michel Aoun concernant les atteintes à l’armée.

Soirée beyrouthine mardi soir à Meerab où le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, a donné un dîner en l’honneur des députés et des moukhtars d’Achrafieh-Saïfi-Rmeil et des membres du conseil municipal de Beyrouth, en présence de plusieurs journalistes et d’un grand nombre de personnalités de la société civile. Étaient notamment présents à ces assises beyrouthines les députés d’Achrafieh-Saïfi-Rmeil, Michel Pharaon, Jean Oghassabian et Serge Torsarkissian, le président du conseil municipal de Beyrouth et plusieurs responsables d’associations communautaires et civiles.
Dans une courte allocution prononcée à cette occasion, le leader des FL a déploré le « comportement milicien » et l’attitude « totalement irresponsable » du directoire du courant aouniste dans les circonstances présentes. Il a souligné à cet égard, en substance, que le général Michel Aoun a dix ministres au sein du gouvernement – dont le ministre de la Justice – ainsi qu’un important bloc parlementaire et qu’il peut par conséquent faire entendre sa voix au sein des institutions constitutionnelles au lieu de lâcher ses jeunes lancer des pierres contre les journaliers de l’EDL et brûler des pneus pour interrompre la circulation durant des heures de grande affluence sur les grands axes routiers du Grand Beyrouth.
M. Geagea a dénoncé dans ce cadre l’incohérence totale de l’attitude de Michel Aoun concernant les atteintes contre l’armée. Évoquant la réaction hostile du chef du CPL à l’affaire de l’arrestation des officiers mis en accusation dans la mort de deux dignitaires sunnites à un barrage de l’armée au Akkar, il y a plusieurs semaines, le leader des FL a déclaré : « Pourquoi Michel Aoun n’a-t-il pas réagi lorsque le capitaine Samer Hanna a été tué (par des miliciens du Hezbollah) lorsque des tirs ont été dirigés (par le Hezbollah) contre un hélicoptère de l’armée à Sejoud ? À l’époque, le général Aoun s’était non seulement abstenu de stigmatiser cette agression, mais il avait même été jusqu’à justifier implicitement le meurtre du capitaine Samer Hanna et l’agression contre l’armée en demandant ce que l’hélicoptère avait été faire à Sejoud ! Peut-être considère-t-il que Sejoud est située en Syrie, en Jordanie ou à Chypre ! De surcroît, le général Aoun s’était abstenu de réagir lorsque le milicien (du Hezbollah) accusé d’avoir tué le capitaine Hanna et d’avoir tiré sur l’hélicoptère a été libéré par le tribunal militaire au bout de huit semaines seulement sans qu’une suite soit donnée à l’affaire. »
Et M. Geagea d’ajouter : « En outre, en 2008, quatre officiers de l’armée et plusieurs soldats ont été emprisonnés pendant quatre mois parce qu’ils avaient riposté à une attaque qui visait leur unité à Mar Mikhaël (à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth). À l’époque, le général Aoun avait également passé sous silence cette affaire (NDLR : les quatre officiers et les soldats avaient été mis aux arrêts de rigueur sous la pression du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah du fait qu’en ripostant à l’attaque lancée par des miliciens du Hezbollah contre leur blindé et leur position à Mar Mikhaël, les militaires avaient fait plusieurs tués parmi les éléments armés du parti chiite). Pourquoi donc Michel Aoun n’a-t-il pas réagi à l’arrestation des officiers alors que ces derniers ne faisaient que défendre leur blindé et leur position à Mar Mikhaël ? » s’est interrogé le leader des FL.
« Le chef du CPL, a ajouté M. Geagea, s’élève contre le fait que les officiers accusés d’être impliqués dans le meurtre des deux dignitaires sunnites au Akkar ont été arrêtés, puis libérés et ensuite à nouveau arrêtés à la suite de la décision du gouvernement de charger le parquet de s’étendre davantage dans l’enquête sur cette affaire. Or lorsque le gouvernement a pris cette décision, les dix ministres du général Aoun étaient présents à la séance du cabinet. Pourquoi n’ont-ils donc pas réagi et protesté contre cette mesure ? En ce qui nous concerne, nous n’avons pas la prétention de nous prononcer sur cette affaire puisque nous ne sommes pas en possession de tous les éléments du dossier. Mais si le général Aoun estime, lui, qu’il y a anguille sous roche dans cette affaire sur le plan judiciaire, pourquoi ne demande-t-il pas au ministre de la Justice, qui fait partie du courant aouniste, de réagir et d’entreprendre les démarches qui s’imposent, dans le cadre de ses responsabilités en tant que ministre de la Justice, sans interférer, évidemment, dans le cours de l’enquête ? En outre, si le général Aoun estime qu’il y a atteinte à la dignité de l’armée, pourquoi ne demande-t-il pas au ministre de la Défense, qui est son allié direct, de réagir également et de prendre les mesures qui s’imposent, dans le cadre de ses prérogatives ? »Attitude irresponsable
Évoquant ensuite l’affaire des échauffourées qui ont opposé des partisans aounistes aux journaliers de l’EDL devant le siège de la compagnie à Beyrouth, M. Geagea a souligné qu’au lieu d’avoir un comportement milicien et de demander à ses jeunes de lancer des pierres contre les grévistes, le général Aoun aurait mieux fait de demander à ses dix ministres de saisir le gouvernement de cette affaire et de demander que les mesures adéquates soient prises pour préserver les bâtiments de l’EDL.
Et M. Geagea de conclure : « Vouloir profiter des avantages et des privilèges du pouvoir tout en pratiquant dans le même temps une politique d’opposition dans la rue en coupant les routes avec des pneus enflammés, cela revient à adopter une attitude totalement irresponsable compte tenu des circonstances particulièrement délicates et dangereuses que traverse actuellement le pays. »

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