Geagea : L’action du clan Moqdad, une réaction syrienne à l’arrestation de Michel Samaha

Discours et Textes, Samir Geagea

Geagea : L’action du clan Moqdad, une réaction syrienne à l’arrestation de Michel Samaha

Samir Geagea : Michel Samaha et l’affaire du clan Moqdad reflètent l’image du 8 Mars.  Photo Aldo Ayoub vide

Lors d’une conférence de presse tenue à Meerab, le leader des Forces libanaises Samir Geagea a demandé qui avait donné l’ordre au poste-frontière de Masnaa de laisser passer la voiture de Michel Samaha (chargée d’explosifs) sans être fouillée.

L’arrestation de l’ancien ministre et député Michel Samaha et l’affaire des enlèvements de ressortissants syriens perpétrés par le clan des Moqdad dans la banlieue sud ont été les deux thèmes abordés par le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier à Meerab.
M. Geagea a commencé, d’entrée de jeu, par stigmatiser vivement le comportement du clan des Moqdad tant en ce qui concerne l’enlèvement de Syriens que le comportement milicien et les propos des membres du clan, tels que rapportés par les médias au cours des deux derniers jours. « Au-delà de toute considération partisane ou politique, je voudrais demander à tous les citoyens, quelle que soit leur allégeance politique, quel a été leur sentiment en assistant à ce qui s’est passé ces deux derniers jours, a notamment déclaré le leader des FL. Tout citoyen a sans nul doute eu le sentiment que le Liban est une terre livrée à elle-même, sans critères, sans État, sans pouvoir, sans Constitution, sans lois. Des bandes armées étaient livrées à elles-mêmes, imposant leur diktat au pays, définissant même une politique étrangère en enlevant des gens et en lançant des menaces contre certains pays. »

S’élevant contre le fait que le clan des Moqdad affiche dans les médias ce qu’il a qualifié de « bras armé », M. Geagea a rappelé que le pays est formé de « grandes familles, de tribus et de clans ». « Si chaque grande famille ou tribu devait avoir son bras armé, on aboutirait à une situation qui saperait le concept même de l’État ainsi que la présence de l’armée, des institutions et du gouvernement », a-t-il souligné. Répondant en outre à l’un des chefs du clan Moqdad qui a affirmé devant les caméras de télévision qu’il n’avait pas confiance dans l’État et les dirigeants actuels, M. Geagea a déclaré : « Je voudrais leur poser une question très simple. Pour qui avez-vous voté lors des dernières élections ? N’avez-vous pas voté pour le Hezbollah et le mouvement Amal ? Ces deux formations ne sont-elles pas l’épine dorsale du gouvernement actuel? Si quelqu’un peut aider à la libération des otages, ce n’est pas tant le gouvernement que le Hezbollah, car ce qui est demandé au Hezbollah (pour la libération des pèlerins détenus à Alep), c’est une prise de position politique. »
Le leader des FL a rappelé dans ce contexte que des centaines de Libanais sont détenus depuis de nombreuses années dans les prisons syriennes, « mais nous n’avons pas pour autant kidnappé des ressortissants syriens ». Réfutant l’argument de l’absence de confiance envers l’État, M. Geagea a déclaré : « Nous, nous n’avons pas confiance dans ce gouvernement, d’autant qu’il a tout fait pour entraver la remise aux services de sécurité des données relatives à la circulation des appels téléphoniques pour dévoiler les exécutants et les commanditaires des tentatives d’assassinat. Il a fallu que le président Michel Sleiman et le Premier ministre Nagib Mikati interviennent avec fermeté pour que ces données soient en définitive livrées. Mais malgré le fait que nous n’avons pas confiance dans ce gouvernement, nous ne nous sommes pas livrés à une fronde armée et nous nous contentons de nous préparer à gagner les prochaines élections, car nous avons foi dans le régime démocratique. »

Quatre objectifs et des suggestions pratiques
Après avoir souligné que l’enlèvement de Syriens, « qu’ils soient opposants, réfugiés ou de simples citoyens, est un acte répréhensible, totalement inacceptable », M. Geagea a souligné que « l’action menée par le clan
Moqdad avait quatre objectifs : terroriser les opposants et les réfugiés syriens au Liban ; faire pression sur les factions libanaises qui soutiennent la révolution syrienne ; faire pression sur les pays arabes qui appuient cette révolution; et, le plus important, faire pression sur le président Michel Sleiman et le chef du gouvernement Nagib Mikati, et sur l’État libanais, car les responsables syriens sont irrités par l’arrestation de Michel Samaha ».
Compte tenu de la situation présente, M. Geagea a avancé quelques suggestions pratiques pour mettre un terme à la dégradation actuelle : proclamer l’état d’urgence, ne fût-ce que partiel, afin d’empêcher toute apparence armée; lancer une vaste opération afin de trouver et de libérer les otages (syriens), et traduire en justice ceux qui se sont livrés à des enlèvements ; prendre des mesures radicales et définitives afin d’empêcher la fermeture de la route de l’aéroport ; prendre sans délai la décision d’ouvrir l’aéroport de Kleyate (au nord) au trafic aérien civil.
Le leader des FL a en outre appelé les Libanais à tirer les leçons de l’affaire de Michel Samaha et du comportement du clan Moqdad, et d’agir en conséquence lors des prochaines élections législatives. « Vous avez devant vous l’image de ce qu’est le 8 Mars, à savoir l’exemple de Michel Samaha et le comportement de ces deux derniers jours », a affirmé le leader des FL.

L’affaire Samaha
Abordant ensuite l’affaire de l’arrestation de Michel Samaha, le leader des FL a souligné que les preuves de l’implication de l’ancien ministre sont irréfutables. « Les explosifs ont été envoyés par le directeur de la Sûreté nationale en Syrie, le général Ali Mamlouk, par le biais de Michel Samaha, afin de viser des groupes sunnites, et notamment certaines personnalités sunnites, dans le but d’inciter les sunnites à réagir de manière irraisonnée. Le plan visait à détourner l’attention de ce qui se passe en Syrie en provoquant une guerre (civile) au Liban pour diminuer la pression sunnite sur la Syrie », a-t-il souligné.
M. Geagea a par ailleurs demandé qui a ordonné aux responsables du poste douanier de Masnaa de laisser passer la voiture de Michel Samaha (qui transportait les explosifs) sans être fouillée. Soulignant la nécessité de déployer l’armée aux frontières avec la Syrie, le leader des FL a demandé au gouvernement d’expulser l’ambassadeur de Syrie, de rappeler l’ambassadeur du Liban à Damas et d’engager des poursuites contre le général Ali Mamlouk et tout autre officier syrien qui serait impliqué dans les attentats que préparait Michel Samaha. M. Geagea a également demandé au pouvoir de déposer une plainte à la Ligue arabe et au Conseil de sécurité, de suspendre le Conseil supérieur libano-syrien et d’abolir tous les accords de sécurité libano-syriens.
En conclusion, M. Geagea a déclaré, en évoquant les événements de ces dernières quarante-huit heures : « Ce mini-7-Mai aboutira à un maximum de pertes pour le Hezbollah. L’époque du 7-Mai est révolue. Il faudrait donc réfléchir à d’autres moyens pour mener une action politique par le biais du processus démocratique prévu dans le système libanais. »

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