Les vétérans de la guerre racontent… (par Jad Semaan, in L’Orient-Le Jour du 27 avril 2006)

Dany Chamoun, Poussy Achkar

Qu’est-ce qui peut réunir Massoud Achkar, Issam Abou Jamra, Bob Azzam, Fayez Karam et Obad Zouein autour d’une même table? Tous ont résisté, chacun à sa manière, pour que reste le Liban souverain et libre de tout occupant étranger.

C’est une histoire de 30 ans et 13 jours de lutte, écrite en rouge, entre le 13 avril 1975 et le 26 avril 2005. Tous les personnages sont vrais: Issam Abou Jamra est ancien vice-Premier ministre d’un cabinet de militaires et général retraité de l’armée; Obad Zouein est un “résistant en continuité” depuis les événements de 1958 et membre actif du Tanzim; le colonel à la retraite Fayez Karam a été fait prisonnier à Mazzé (Syrie) après la razzia du 13 octobre 1990, avant de prendre le chemin de l’exil; Massoud Achkar, qui a recueilli 10000 voix aux législatives d’Achrafieh en 2000, s’est forgé un nom au glaive lors du siège des 100 jours et depuis, il n’a pas cessé le combat; et Bob Azzam, aujourd’hui sur chaise roulante, est un “tigre” vétéran du PNL.

A l’invitation de l’Amicale des étudiants de pharmacie de l’Université Saint-Joseph et de l’association Union pour le Liban (l’UPL est un regroupement de vétérans de la guerre, issus du Tanzim, du PNL, des Kataëb, des FL, de l’armée libanaise et des FSI, à la texture, malheureusement, purement chrétienne), une table ronde a été tenue à l’auditorium de la faculté de médecine, en mémoire des centaines de milliers de martyrs et en mémoire de ceux qui ont lutté ouvertement, clandestinement ou à partir des pays de l’émigration.

Dans son allocution, M. Zouein est revenu sur la naissance de l’UPL. “L’histoire se répète chez les peuples qui ne connaissent pas leur passé”, a-t-il dit. “Nous voulons tirer les leçons de notre histoire et éviter aux nouvelles générations de payer les mêmes factures. C’est en mémoire de nos camarades martyrs et pour rester fidèles à la même éthique, aux mêmes idéaux de résistance, que nous nous sommes réunis”.

Pour parler des préliminaires de la guerre (1968-1975), il a suffi au général Abou Jamra de fouiller sa mémoire d’officier de l’armée. “Le destin du Liban est de se trouver dans le berceau des trois religions monothéistes et à la lisière de la plus importante zone pétrolière”, a-t-il déclaré. M. Abou Jamra est revenu sur la révolte de 1958. “Elle a été conduite à partir de la Syrie contre le président Camille Chamoun. En dépit des réformes menées, plus tard, lors du mandat Chéhab, 1958 a fissuré les liens entre chrétiens et musulmans. Et de n’avoir pas participé à la guerre de 1967, qui se solda par un échec, le Liban a été puni. La Ligue arabe a, en effet, décidé que les opérations des fedayin devaient se poursuivre à partir de la Jordanie et du Liban…”. Issam Abou Jamra a narré divers incidents où l’armée a réussi à contenir les fedayin. Mais le couperet de l’accord du Caire (1968), puis celui de Melkart (1973), sont venus mettre un terme aux élans de l’armée. L’OLP régnait désormais en maître et l’armée de désagrégeait. Le général à la retraite se souvient que les libanais étaient désormais divisés entre “ceux pour qui le Liban était la priorité et ceux pour qui la cause palestinienne primait”.

Qui mieux qu’un ancien des “Noumours” pour parler de la Guerre des Deux Ans (1975-1976) et de l’assaut contre le camp de Tall el-Zaatar, que même l’aviation israélienne redoutait? Bob Azzam (blessé de guerre en 1978) a notamment relaté les préparatifs des assauts, concoctés par un certain colonel Michel Aoun (alias Raad…) et Dany Chamoun. “Ils parlent de l’union du 14 Mars, a noté M. Azzam. Je vais vous dire que Dany l’a déjà consacrée, lorsqu’il est allé, au front, à la rencontre de cheikh Hassan Yaacoub (disparu avec l’imam Sadr), en 1975…”.

Dans son intervention, Azzam a également rappelé qu’une grande partie de “ceux qui réclament aujourd’hui le désarmement des palestiniens nous ont combattus, côte à côte avec les palestiniens…”.

Massoud, alias Poussy Achkar, n’y est pas allé par quatre chemins: “Que les syriens se souviennent que la seule région d’où ils ont été chassés par la pointe des armes, c’est bien Achrafieh!”. Le camarade de Béchir Gemayel parlait, bien entendu, du siège de 1978. Ils s’est souvenu, non sans grande émotion, que c’est le soutien de la population qui a assuré aux résistants la victoire. “Que ceux qui prétendent que ce sont les chrétiens qui ont appelé les syriens au secours réécoutent le discours de Hafez el-Assad, du 20 juillet 1976, où il se plaît à dire qu’il ne s’est excusé auprès de personne pour entrer au Liban!”, a asséné M. Achkar. L’homme, qui a recueilli 90% des suffrages chrétiens sans pour autant avoir été élu, a réitéré que les brigades palestiniennes (Hittine, Aïn-Jalloud, al-Saïka…), “qui ont sévi au Liban”, étaient encadrées par des officiers syriens.

Sans emphase, le verbe digne, le colonel Fayez Karam est revenu sur les années de l’effervescence populaire autour du phénomène Aoun et sur les trois batailles menées par “le petit général” (contre Sami el-Khatib, les syriens et les FL), sur ce macabre 13 octobre, lorsquel le colonel Karam, fait prisonnier, a aperçu cent soldats libanais agenouillés, à Dahr el-Wahch, sur le point d’être abattus. “Nous entendons des critiques sans cesse formulées à l’encontre des militaires. Laissez-moi vous dire que ma plus grande fierté est d’avoir été soldat au service de mon pays”, a conclu l’ancien candidat aux législatives de Tripoli.

Les témoins ont conclu leur récit en répondant aux questions de l’auditoire. Pourquoi des combattants “d’en face”, de “l’ex-gauche”, n’ont-ils pas été conviés à cette rencontre? “Il faut encore du temps pour que les choses mûrissent”, a-t-on répondu à l’une des questions. Dommage.

Forces Libanaises : Six ans de lutte… (Par Scarlett Haddad) – Nouveau Magazine numéro 1320 du 20 novembre 1982

Ahrar, Amine Gemayel, Bachir Gemayel, Dany Chamoun, Discours et Textes, Fadi Freim, Gardiens du Cèdre, Kataëb, Nizamiyyet, Parti National Libéral, Phalanges Libanaises

Le 1er septembre 1976, quinze jours après la chute du camp palestinien de Tell Zaatar, tous les groupes de la Résistance libanaise décident de s’unifier sur l’impulsion d’un homme, cheikh Bachir Gemayel.

Les Forces Libanaises sont nées. Accueillies avec scepticisme d’abord, avec colère, crainte ou enthousiasme ensuite, elles ont aussitôt lié leur destin à celui du Liban.

Semée de grandeur et de misère, leur histoire s’est souvent écrite dans le sang jusqu’au coup du 14 septembre 1982 que l’on croyait fatal.

Les doutes commencèrent alors : « Privées de leur tête et peut-être même de leur âme, que représentaient encore les Forces Libanaises et quel peut être leur avenir ? ».

C’était oublier que l’on ne peut effacer du jour au lendemain six ans de lutte, et de sacrifices. C’était oublier aussi que l’œuvre d’un grand homme ne peut disparaître avec lui.

C’est pourquoi aujourd’hui, à l’heure où nous célébrons une nouvelle fois une indépendance dépendante, à l’heure où l’avenir hésite encore entre la joie et la déception, nous décidons de faire en quelque sorte le point de la situation actuelle et du passé des Forces Libanaises, par la photo et le texte, et surtout par une interview de leur nouveau commandant en chef, Fady Frem.

 

Curieusement, l’annonce de la création des Forces Libanaises, le 1er septembre 1976, ne suscite aucune réaction. Elle passe même inaperçue comme si personne ne prend réellement au sérieux cette décision d’unifier tous les groupes de la Résistance libanaise. D’ailleurs, dans la fièvre de l’après Tall el-Zaatar, chaque combattant continue à penser Tanzim, Gardien du Cèdre, PNL ou Kataëb, suivant sa propre appartenance initiale. Les Forces Libanaises sont encore pour tous, une entité abstraite, étrangère et surtout insignifiante.

Pourtant, de nombreux fronts restent à défendre, de multiples batailles à mener. Si la « zone-Est » est libérée des enclaves palestiniennes de la Quarantaine, Tell el-Zaatar, Nabaa et Jisr el-Bacha qui l’étouffaient, dans la montagne et au centre-ville, la bataille fait encore rage. L’OLP, tentaculaire, fait frémir la population de Beyrouth-Ouest pour compenser un peu ses récentes défaites.

Mais les soldats syriens sont déjà parmi nous, tentant de séparer les belligérants et surtout aidant les uns et les autres. A Elias Sarkis, qui n’est encore que « le président-élu », Hafez el-Assad promet formellement que « l’armée syrienne évacuera le Liban une fois sa mission accomplie, dès que le président Sarkis le lui demandera ». Déjà !… Sur le terrain, la tension persiste. Des deux côtés, on mobilise. Les Forces Libanaises ne font qu’appliquer une mesure adoptée par le Front Libanais, leur « parrain politique ». Elles ne sont alors qu’une organisation purement militaire… qui, aidée par les soldats syriens, entreprend le « nettoyage » du Haut-Metn. Les artisans libanais de la victoire de la montagne sont, à ce moment-là, Amine Gemayel et Dany Chamoun. Les combats sont violents à Salima, Mtein, Ouyoun el-Simane, Tell-Zaarour… Autant de batailles qui permettent aux Forces Libanaises naissantes d’asseoir leur réputation. Elles comptent déjà 700 jeunes filles parmi leurs « combattants », animées d’une foi et d’un enthousiasme presque contagieux…

Bachir Gemayel est certes leur chef, mais il n’a pas encore acquis une grande envergure. C’est la bataille d’Aley, décidée le 30 septembre avec des officiers supérieurs de l’armée, qui commencera à le présenter comme le véritable chef des FL. « Aley n’est pas plus imprenable que Tell el-Zaatar », se plaît-il à déclarer. Et l’on reconnaît déjà ce ton qui marquera notre destin à tous et qui permettra aux FL de s’imposer sur la scène libanaise. Mais la bataille s’enlise. Les négociations politiques commencent. Elles aboutiront à la signature de l’accord de Riyad, au cours d’une conférence au sommet groupant l’Arabie Saoudite, le Liban, la Syrie, l’Egypte, le Koweït et l’OLP.

A partir du jeudi 21 octobre, la présence des soldats syriens au Liban devient légale. Un cessez-le-feu est conclu, mais il ne satisfait personne. Au contraire, il marque le début d’une solide rancune et d’une profonde amertume.

En dépit de la paix imposée, les Forces Libanaises et les palestino-progressistes se renforcent militairement. Ils attendent leur heure. Pourtant, au cours d’une conférence de presse, le 6 novembre 1976, cheikh Bachir annonce qu’il « attend le jour où il retournera à son étude d’avocat ». Du côté des autorités légales, on nous promet monts et merveilles et on parle de la réédification de l’armée.

Mais, la lutte continue dans l’ombre. La ligne de démarcation demeure et les FL tentent une percée politique, tout en se structurant et en renforçant leur dispositif militaire. Enrôlement, entraînement, les préparatifs se multiplient en vue d’une nouvelle bataille. La bataille couve et la mésentente politique filtre à travers les déclarations des uns et des autres. Profitant de cette trêve relative, les FL, par la personne de leur chef, établissent des contacts avec les Etats-Unis et avec l’Europe et lancent une véritable offensive diplomatico-politique. Mais la tension s’accroît en permanence et entre les FL et les soldats syriens, les escarmouches sont nombreuses. C’est alors qu’a lieu l’opération d’Ehden qui marquera le retrait de Sleiman Frangié du Front Libanais – l’ex-président de la République accuse nommément les Forces Libanaises et plus particulièrement, les Kataëb. Coupables ou non, les Forces Libanaises commencent réellement à effrayer. Pour l’opinion publique, elles ne sont plus seulement capables de se battre, elles peuvent s’imposer. Mais, avec le Nord, la rupture est presque totale.

L’assassinat de Tony Frangié cède pourtant bien vite la place à une autre actualité. Les combats entre syriens et Forces Libanaises éclatent le 1er juillet 1978. Pour Beyrouth-Est, un été d’enfer commence. Entre une accalmie et l’autre, les bombardements redoublent d’intensité. Ils s’étendent même à la montagne. En septembre, le véritable siège d’Achrafieh commence. C’est au cours de cette période que les FL s’imposent réellement sur le terrain. Elles deviennent une puissance militaire incontestée et incontestable. Elles sont désormais en mesure d’exposer leurs idées et de chercher à les défendre, avec ou sans le pouvoir officiel. Les combats de l’été et de l’automne 1978, aboutissent au retrait des soldats syriens des zones Est de la capitale. Mais le problème n’est pas encore définitivement résolu. Cheikh Bachir lance déjà son fameux slogan « le retrait de toutes les forces étrangères du Liban ». Et lorsqu’il parle, on l’écoute maintenant. D’amateurs, menés par une foi gigantesque, ses hommes sont devenus de véritables professionnels de la Résistance et du combat de rues. D’ailleurs, c’est au cours des événements de 1978, que les FL se dotent d’une marine. Il ne s’agissait tout d’abord que de trouver un moyen pour aller de Beyrouth à Jounié, la voie terrestre étant coupée. A partir de l’automne 1978, leur marine se développe alors que l’entraînement des hommes continue.

A Beyrouth, le front du centre-ville demeure chaud. Dans la montagne, des conflits limités éclatent dans le Haut-Metn et dans le caza de Jbeil. Mais la population oublie le fantôme de la guerre et s’habitue à l’atmosphère tendue. Si le danger palestino-syrien est plus ou moins mis en veilleuse, à Beyrouth-Est et dans ses environs, les FL traversent une crise grave. Les incidents entre Kataëb et PNL se multiplient. L’unité de la Résistance libanaise est menacée d’effritement. Parmi les « rebelles », un certain Hanache, qui refuse de se rallier aux Forces Libanaises. L’Etat tente d’intervenir en ordonnant à l’armée de pénétrer à Aïn el-Remmaneh et de prendre en main la situation. En vain. Régulièrement, les escarmouches reprennent, bouleversant la population et faisant des victimes civiles. Les libanais sont excédés. Ils réclament le déploiement de l’armée. Mais le secours viendra d’ailleurs. Cheikh Bachir décide de trancher la situation et effectue la fameuse opération du 7 juillet 1980. Accueillie avec horreur ou soulagement, cette opération marque un tournant décisif dans l’histoire des Forces Libanaises. Désormais, celles-ci deviennent les seules « maîtresses du jeu », dans les zones-Est. D’ailleurs, dans toutes ces régions, l’ordre règne. L’appartenance à divers partis et organisations est définitivement oubliée. Une seule bannière groupe désormais les combattants de la Résistance libanaise : les FL.

Les problèmes « internes » résolus, les Forces Libanaises se lancent alors dans la structuration et l’organisation. C’est à partir de ce moment qu’elles prennent l’allure d’une véritable armée : création et installation des casernes, naissance de l’artillerie – qui permettra plus tard aux FL de défendre Zahlé – entraînement intensif des combattants, aucun effort n’est ménagé pour devenir une véritable « machine militaire », en vue d’une véritable bataille. Car, pendant la longue période de trêve – plus ou moins respectée – allant de 1978 à 1981, les FL n’ont jamais oublié l’imminence du danger que constituaient les palestiniens de plus en plus forts et organisés et les soldats syriens de plus en plus omniprésents. L’affrontement était fatal. Restait à en connaître la date.

La bataille de Zahlé commence en décembre 1980. Mais une trêve est rapidement conclue jusqu’au mois d’avril 1981. Alors que Beyrouth est soumise au feu des bombardements, Zahlé et les collines qui l’entourent sont le théâtre de combats héroïques. Défiant la neige et les soldats syriens, les combattants des FL transportent à pied leurs obus d’Ouyoun el-Simane à Zahlé.

Cette bataille mémorable apparaît pourtant tout d’abord comme une défaite des FL. En réalité, c’est grâce à elle que l’opinion publique internationale comprendra l’importance du Liban. C’est grâce à elle aussi que les FL gagneront une dimension qui dépasse nos frontières. L’idée d’une conférence internationale de solidarité naît alors. Après s’être imposées militairement, les FL se lancent dans la bataille politique. Elles engagent une véritable offensive de charme en direction des musulmans.

Elles pensent déjà aux « présidentielles », révélant ainsi un aspect d’elles-mêmes tout à fait inconnu jusqu’alors, le Front Libanais n’est plus qu’un conseiller politique, les FL devenant de plus en plus indépendantes. Cheikh Bachir multiplie les discours, expose les idées et devient rapidement un personnage politique appuyé toutefois par une puissante machine militaire. En effet, l’entraînement continue et prend de plus en plus d’ampleur. Les FL décrètent le service militaire obligatoire dans les zones qu’elles contrôlent. Leur puissance effraie mais le charme de leur chef séduit. Ces deux aspects sont, en fait, complémentaires. Cheikh Bachir se réunit maintenant avec les membres du comité quadripartite et se rapproche de plus en plus du président Elias Sarkis.

L’invasion israélienne et la neutralité de « ses » hommes vient encore renforcer sa position. Après les combats militaires, les FL remportent donc une éclatante victoire politique. Leur chef est élu président de tous les libanais. Pour elles, c’est une fin grandiose, l’apogée de six ans de lutte et de sacrifices. Elles n’ont presque plus de raison d’être… Mais le destin en décide autrement. Il frappe le président-élu et remet en question le combat même et la victoire finale des FL. On pense tout d’abord qu’elles ne s’en remettront pas. On craint un nouveau bain de sang. Mais les FL demeurent dignes. Pas un coup de feu, pas un incident, ne seront signalés. Etêtée, la machine continue à fonctionner. Les structures demeurent, tout comme le souhaitait le président disparu. Le temps de reprendre le souffle, les FL s’imposent de nouveau. Avec ou sans Bachir, elles continuent à être la force la plus structurée et la plus puissante sur le terrain. Jusqu’à ce que l’armée libanaise puisse contrôler tout le territoire et le défendre. De cet aperçu sommaire et superficiel – parce qu’il n’est nullement dans notre propos de faire une longue étude sur les FL – une conclusion s’impose : au cours de ces six dernières années, les FL ont lié leur destin à celui du Liban, prenant constamment plus d’ampleur et jouant souvent un rôle national. Les combattants novices et désordonnés sont devenus de véritables soldats. Et cela – que nous soyons pour ou contre les FL, que celles-ci soient bientôt dissoutes ou qu’elles se lancent plus tard dans la politique – nous ne pouvons le nier. Tout comme nous ne pouvons oublier leur rôle dans notre histoire contemporaine.